Les principes
Huit principes soutiennent la démarche des cercles d’auteur·es. Ces principes ont été dégagés à partir des écrits de référence sur les cercles d’auteur·es et à partir de l’expérience vécue en cercles d’auteur·es par les enseignant·es de nos projets. Chacun fait écho à des principes didactiques, des résultats de recherche ou des recommandations déjà mises en évidence par les chercheuses et chercheurs en didactique de l’écriture (voir Tremblay, Turgeon et Gagnon, 2020)

Principe 1
L’enseignant·e a des pratiques d’écriture
Ce principe traverse tous nos projets. Les enseignant·es participant·es ont vécu les cercles d’auteur·es dans une communauté de personnes qui lisent, écrivent et communiquent oralement, en se mettant dans la peau d’un·e auteur·e.
En classe, ils et elles ont partagé leurs productions personnelles avec leurs élèves, en modélisant leur processus d’écriture, ce qui les a amené·es à se mettre à la place des élèves et à les considérer, en retour, comme des auteur·es.

Les enseignantes ont elles-mêmes fait l’expérience de l’écriture, ce qui leur a permis de mieux comprendre ce que vivent leurs élèves en cercles d'auteur·es. (03:20)
Principe 2
Le plaisir et la liberté sont au coeur du dispositif
L'écriture constitue avant tout un mode d’expression et non un travail mécanique effectué pour répondre à une consigne et obtenir une note. Pourquoi faudrait-il que chaque élève écrive le même type de texte, en même temps, dans la même forme, avec un nombre précis de mots à respecter? Avec les cercles d'auteur·es, les élèves ont le choix et c’est le plaisir d’écrire qui est au centre du processus. De plus, la liberté de choisir son sujet et son destinataire soutient la part créative de chaque élève et développe le goût d'écrire. Enfin, l'enseignant·e aura plus de plaisir à lire les textes de ses élèves si ces derniers sont variés et uniques.

Créer sans contrainte peut pousser à développer sa propre voix et découvrir des aptitudes insoupçonnées. (03:11)
Principe 3
L’écriture fait partie du quotidien de la classe
Les élèves ont besoin de prendre la plume le plus souvent possible, idéalement tous les jours, afin de développer leur confiance en eux, leur motivation à écrire et une certaine souplesse dans l’acte d’écrire. En écrivant quotidiennement, animés de diverses intentions et en ayant en tête de vrais destinataires, ils peuvent construire leur compétence à écrire.

Principe 4
La littérature jeunesse alimente le processus d’écriture
Une des valeurs véhiculées par les cercles d’auteur·es est de nourrir la culture des élèves, tout en enrichissant leurs connaissances et leur curiosité envers la littérature. Les livres peuvent être utilisés comme déclencheurs pour l’écriture et représenter une source d’inspiration. L’observation des procédés littéraires employés par les auteur·es vient également soutenir la démarche et contribue à construire la posture d’auteur·e et de lecteur·rice de l’élève. Le regard sur la lecture est alors modifié : l’élève apprend à lire comme un·e auteur·e.
Quelques idées d'activités :
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Écrire à partir de la page couverture d’un album
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Écrire pour imaginer la suite du récit
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Écrire une nouvelle fin à une histoire
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Réécrire l’histoire en adoptant un point de vue de narration différent
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etc.

Nathalie Sierro et ses élèves de 6e année présentent un projet fait en classe, où les élèves devaient s'inspirer de la couverture de livres pour rédiger un texte. (01:33)
Principe 5
Des conduites orales soutiennent le bon déroulement de chacune des étapes
Chacune des étapes des cercles d’auteur·es représente un contexte de communication spécifique, qui mobilise différentes conduites orales (par ex., poser des questions dans le cercle de planification, lire son texte à voix haute dans le cercle de partage, formuler et recevoir des commentaires dans le cercle de révision, etc.). Des conduites orales sont également mobilisées de façon transversale à chacune des étapes du dispositif: témoigner de son écoute, gérer les tours de parole et adopter une posture adaptée à la situation de communication (Tremblay, Turgeon et Sénéchal, 2025). Enseigner ces conduites orales de manière ciblée permet aux élèves de mobiliser celles-ci lorsqu’ils vivent les cercles, comme l’illustre la vidéo suivante.

Quelques exemples de rétroactions, dans des classes de 5e et 6e année, pour relever les aspects positifs et à améliorer d'un texte et qui illustrent la mobilisation de conduites orales propres au cercle de révision. (02:56)
Principe 6
L’enseignant·e part des besoins des élèves pour enseigner
Bien que les cercles d’auteur·es favorisent l’autonomie chez les élèves, l’enseignant·e a plusieurs rôles importants à jouer afin d’assurer le bon déroulement de la démarche.
Un enseignement ciblé de certains savoirs, savoir-faire ou savoir-être peut être ainsi réalisé à travers des minileçons, qui structurent le travail en cercle d’auteur·es.
Ces minileçons sont de courtes séances d’enseignement (env. 10 min.) visant un objet bien précis, ciblé le plus souvent en réponse aux besoins ou défis rencontrés par les élèves lors des différentes étapes des cercles d’auteur·es.

Nathalie Sierro, enseignante en 6e année, explique comment les minileçons aident les élèves à donner des commentaires sur les textes de leurs pairs. (01:26)
Émilie Bhérer et Caroline Champagne, enseignantes au primaire, n'utilisent plus de cahiers d'exercices. Elles s'appuient plutôt sur les textes de leurs élèves et d'auteur·es de littérature jeunesse pour concevoir leurs minileçons. (05:33)
Écrire au ralenti est une technique qui peut faire l'objet d'une minileçon. Brigitte Rainville, enseignante en 4e année et Rémi, élève de 6e année, expliquent ce procédé d'auteur·e. (01:20)
Principe 7
L’évaluation porte sur le processus, et non pas seulement sur le produit fini
L’élève est plus susceptible de s’améliorer et de concevoir l’écriture comme un processus lorsque l’évaluation est effectuée en cours d’apprentissage et durant le processus d’écriture plutôt que sur le produit fini uniquement. Conserver les différentes versions des textes des élèves permet à l’enseignant·e de voir les idées notées en cercle de planification, d’observer les annotations faites sur les premiers jets et de constater les améliorations apportées au texte final.

Des enseignantes expliquent que les élèves attribuent davantage de sens à l'écriture avec les cercles d'auteur·es, quand l'évaluation et la rétroaction se font tout au long du processus. (02:45)
Principe 8
Un climat favorable aux interactions soutient le bon fonctionnement du dispositif
Le bon déroulement des cercles d’auteur·es repose sur le respect mutuel entre les personnes participantes. Écrire est un acte personnel, qui demande beaucoup d’implication, tant sur le plan affectif que cognitif. Instaurer un climat de confiance qui encourage également les élèves à prendre des risques, sans craindre l’échec, est un gage de succès.
« On partage nos textes, et on livre un peu de nous-mêmes. C'est gênant, alors il faut avoir confiance... le climat de confiance est donc très important. »
Brigitte, enseignante
Pour Brigitte Rainville, enseignante de 4e année, un climat positif et respectueux est essentiel afin de vivre les cercles d'auteur·es avec ses élèves. (01:08)
Modélisation dans la classe de Nathalie Sierro (6e année): les élèves se rappellent les conditions propices pour effectuer un cercle d'auteur·es dans l'écoute attentive et le respect. (06:15)




